Malo Latinois, le documentaire : dans les coulisses d’un film sur la 9e place des WSOP
De la Million Week à la table finale du Main Event des World Series of Poker : le parcours de Malo Latinois, et l’histoire de la manière dont nous avons filmé, écrit et monté ce documentaire.
Production ATM Prod · Image & montage Axel Treil · Scénario & réalisation Jonathan Salamon
Il y a des histoires qu’on n’écrit pas d’avance. Celle de Malo Latinois en fait partie : en moins de deux ans, un ingénieur qui s’ennuyait dans son métier est devenu finaliste du plus grand tournoi de poker du monde. Ce documentaire raconte cette bascule. Cette page revient sur sa genèse — pour celles et ceux que la vidéo Malo Latinois a donné envie d’en savoir plus.
Qui est Malo Latinois ?
Le parcours de Malo Latinois ne commence pas à une table de poker, mais dans un bureau. Ingénieur de formation, il débute une carrière dans laquelle il s’ennuie profondément — au point de frôler le burn-out. Plutôt que de s’y résigner, il prend une décision radicale : tout miser sur le poker. Il commence par le bas, aux tournois à 5 €.
La suite ressemble à une ascension éclair. Il remporte la Million Week de Winamax — plus de 43 000 adversaires battus, environ 120 000 € à la clé. Fort de ce résultat, il s’offre un « kiff » : jouer son premier grand Main Event, à l’EPT Paris 2023, entrée à 5 000 €. Le hasard — celui-là même qui structure tout le poker — le place à la bulle du tournoi juste à la gauche de Benjamin Chalot, cofondateur d’ATM. Une conversation, une proposition : postuler à l’Académie ATM. Neuf mois de formation encadré par Samy et Alexis, puis l’entrée dans la main team, coaché par Adrien Delmas et Benjamin Chalot. Un an et demi seulement après être passé professionnel, il s’assoit à une table finale des World Series of Poker.
Le run qui a tenu la Bretagne en haleine
Neuf jours de jeu, des centaines d’heures à table, la fatigue qui s’installe et l’excitation qu’il faut, sans cesse, faire redescendre pour continuer à jouer juste. Le documentaire suit Malo au plus près de cette montée : les paliers franchis, les coups décisifs, les doutes, le stress, les duels intenses… et cette pression extraordinaire à mesure que les enjeux augmentent.
Ce qui frappe, dans son récit, c’est la lucidité. À Vegas, il le rappelle lui-même, on perd la plupart du temps : une vingtaine de tournois, ce n’est rien à l’échelle de la variance. Il le savait en partant. Il était, selon ses mots, « OK avec ça ». Pas venu pour le retour sur investissement, mais pour jouer son meilleur jeu et savourer l’instant.
La genèse du documentaire
Un documentaire sur Malo Latinois, ce n’est pas une simple captation de tournoi. Il fallait un regard, et c’est celui d’Axel Treil qui l’a porté : ses superbes images, sa captation au plus près des tables, saisissent chaque instant décisif avec une précision et une intensité qui donnent au film toute sa matière.
Le parti pris était double. Montrer, bien sûr, un tournoi immense et un run qui s’éternise. Mais montrer surtout un personnage : un joueur qui vit un rêve éveillé, qui par moments peine à réaliser ce qui lui arrive, complètement emporté par ses émotions — tout en sachant qu’il doit rester calme et lucide pour être à la hauteur d’une situation aussi exceptionnelle. C’est cette tension intérieure, entre le vertige et le sang-froid, que le film cherche à saisir.
Réaliser ce documentaire a été une opportunité unique, et je remercie Benjamin Chalot et Clément Richez de me l’avoir offerte.
Parier sur soi, changer de vie
Derrière le changement de vie de Malo, il y a une question qui me suit depuis longtemps : qu’est-ce que ça fait de changer de vie ? Et pourquoi le fait-on ? Malo a tout misé sur lui quand rien ne le garantissait. À ma manière, j’ai fait ce même saut — une première fois en partant en Amérique du Sud, puis une seconde quand j’en suis revenu et que j’ai décidé de changer définitivement de carrière.
C’est cette résonance que j’ai voulu retrouver dans le documentaire. Car toute décision de vie — professionnelle comme personnelle — est en réalité un pari : avec une mise de départ, un gain espéré et une perte possible. Le poker en donne les outils, précis, presque mathématiques. C’est le cœur de mon calculateur de décision : apprendre à choisir dans l’incertitude, à évaluer le risque plutôt qu’à le subir.
Faire de ces récits un levier pour vos équipes
J’interviens en conférence pour aider les équipes à naviguer dans l’incertitude, prendre des risques calculés et transformer les défis en opportunités — avec les outils du poker.